L’Histoire du cimetière protestant

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Le cimetière protestant de Bordeaux est un cimetière privé, ouvert en 1826 sur un terrain acquis par les membres du Consistoire.

Avant cette date et en raison de l’interdiction du protestantisme imposée par la Révocation de l’Edit de Nantes (1685), les protestants étaient inhumés dans des lieux particuliers, caves ou jardins, ou, s’ils étaient étrangers, au cimetière des Hollandais, rue Pomme d’Or, ou au cimetière des Etrangers, cours Journu-Auber, aujourd’hui disparus.

Ce cimetière est délimité par une porte monumentale due à l’architecte Armand Corcelles qui a aussi construit le temple des Chartrons, rue Notre-Dame.

Porte monumentale due à l’architecte Armand Corcelles
Porte monumentale due à l’architecte Armand Corcelles

D’une superficie de 1,5 ha, il abrite notamment les tombes des familles commerçantes de la ville et celles de personnalités ayant joué un rôle religieux, culturel et social. Nombre de ces défunts ont des origines étrangères, preuve de la dimension internationale du protestantisme bordelais.

Le cimetière contient peu de sépultures monumentales, conformément à la conviction protestante de refus du culte des morts. Le dépouillement et l’absence de décor de la plupart des tombes sont volontaires ; les dalles et les enclos sont les plus nombreux.

Allée du cimetière protestant de Bordeaux

Plan du cimetière

Plan du cimetière protestant de Bordeaux
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Chapelle du cimetière

Chapelle du cimetière protestant de Bordeaux
Intérieur de la chapelle du cimetière protestant de Bordeaux
L'intérieur de la petite chapelle du cimetière
Façade de la chapelle

Sur le fronton de la chapelle une Bible et une croix, symboles fondamentaux du protestantisme. La croix est vide car elle représente l’espoir: Jésus est ressuscité

Patrimoine mémoriel

Par David Lawton, gestionnaire du cimetière

Le cimetière de la rue Judaïque n’a pas toujours existé. Avant sa construction on a répertorié 6 cimetières plus ou moins officiels, et certains même cachés. 

Celui qui reste encore en mémoire de nos parents est celui dit des « étrangers » dont certaines pierres sont entreposées dans les réserves du musée d’Aquitaine et d’autres se trouvent près des grottes de Saint Macaire.

Pour le cimetière protestant de Bordeaux, plus de 1 300 concessions ont été accordées depuis 1832. Seules 700 familles sont enregistrées dans la base du cimetière. Sur les 600 parcelles restantes, certaines sont délibérément abandonnées, certaines sont tombées dans l’oubli. En effet, autrefois il n’existait que des concessions à perpétuité et certaines personnes vivant alors à Bordeaux et décédées à Bordeaux ont été enterrées là, leur famille n’étant pas originaire de la ville. Nous perdons ainsi la trace des descendants. Et puis il y a des familles qui s’éteignent, se disputent ou se disloquent. Nous perdons le lien et la parcelle n’est plus suivie par personne. De nombreuses parcelles sont à l’état d’abandon depuis plus de 100 ans.

Une tombe abandonnée dans le cimetière protestant

Certains noms de famille figurant sur ces parcelles sont illustres. Leurs descendants actuels l’ignorent et ne peuvent assurer leur devoir de mémoire.

Enfin, pour que le cimetière reste privé, nous devons donner de nouvelles concessions pour 15 – 30 ou 50 ans à de nouvelles familles. Certaines parcelles définitivement abandonnées par des familles sont disponibles. Les prix de concession sont relativement moins chers que ceux des cimetières publics, mais nos concessionnaires se doivent de régler chaque année une redevance qui nous permet de conserver le site en état d’entretien.

Au moins 5 maires de la ville de Bordeaux, de nombreux députés et sénateurs, des présidents de chambre de commerce et de très nombreuses famille liées à l’industrie du bouchon sont enterrées au cimetière protestant de Bordeaux. On y retrouve des noms illustres comme Ludovic Trarieux (fondateur de la ligue des droits de l’homme) et Henri Salmide, qui a empêché la destruction du port de Bordeaux en 1944.

Une concession au cimetière protestant

La sépulture de la diva Hortense Schneider

Sépulture de Camille Julian

La sépulture du Sage Camille Jullian

Encart d'un article publié dans Sud-Ouest

Ci-dessus : encart paru dans le Journal Sud-Ouest le 8 février 2016.

Rafaël PADILLA, le célèbre clown Chocolat

Rafaël PADILLA est un clown né entre 1865 et 1868 à Cuba. Il est issu d’une famille d’esclaves, et après bien des péripéties il se retrouve à Bilbao, puis à Paris en 1886. Il est mort dans la misère le 04 novembre 1917 à Bordeaux.

Star du spectacle français de la Belle Époque, cet artiste noir a sombré dans l’oubli avant que des œuvres artistiques et livres ne le remettent en lumière, surtout à partir des années 2010.

En 2016 paraît le livre de l’historien Gérard Noiriel « Chocolat la véritable histoire d’un homme sans nom ». Puis le film biographique « Chocolat », avec Omar Sy dans le rôle principal.

Après que sa tombe au cimetière protestant de Bordeaux soit tombée dans l’oubli, son nom est retrouvé sur les registres du cimetière en septembre 2015.

Chocolat est intégré au parcours historique mis en place dans le cimetière, une allée du cimetière reçoit son nom et un panonceau est posé sur le lieu de son inhumation.

Une plaque commémorative à l’initiative des « Amis du clown Chocolat », et marrainée par la comédienne Firmine Richard, est dévoilée le 6 février 2016 sur un des murs du cimetière.

Plaque en mémoire du Clown Chocolat au cimetière protestant de Bordeaux
Allée arborée au cimetière protestant de Bordeaux

« Le Seigneur est mon Berger

Je ne manquerai de rien

Il me met fait reposer dans de verts pâturages

Il me mène le long des eaux tranquilles »

Psaume 23:2

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