Une histoire de faibles et de forts

Édito de Robert Cabane, président du Conseil presbytéral

Entre l’Avent et la fête des Rois, nous lisons et relisons les récits autour de la naissance de Jésus (jusqu’au moment où de la fuite en l’Égypte). En laissant de côté tout le merveilleux que les siècles se sont chargés d’ajouter à ce récit, il reste deux choses essentielles : la naissance est voulue par Dieu, et elle se produit loin de toute richesse, de toute puissance. Jésus n’est pas un prince, et il ne sera jamais un guerrier.

Au contraire d’autres religions ou spiritualités, le christianisme est né dans la faiblesse. Hélas, l’Église n’a pas toujours fui la puissance, bien au contraire… alors souvenons-nous d’où nous venons et acceptons nos faiblesses (y compris celle de nos finances peut-être ?) comme une invitation à rencontrer Dieu loin de tout désir de pouvoir.

Pas facile me direz-vous ! On aimerait être un peu plus nombreux, ou mieux entendus… mais voila, l’apôtre Paul n’a pas manqué de mettre les idées au net dans I Cor 9 : « ma puissance s’accomplit dans la faiblesse », reprenant des idées bien plus anciennes comme on les trouve si joliment présentées dans le livre des Proverbes (Proverbes 30:25-28) :

Un lézard @Wikimedia

Il existe sur terre quatre sortes d’animaux fort petits, mais d’une sagesse étonnante :
les fourmis, qui n’ont pas de force, mais amassent leur nourriture pendant l’été ;
les damans, qui sont faibles, mais élisent domicile au milieu des rochers ;
les sauterelles, qui n’ont pas de roi, mais se déplacent en troupes ordonnées ;
les lézards, qu’on attrape avec la main, mais se faufilent jusque dans les palais des rois.

Photo d'un daman
Un daman © Julie
Laurent, Flickr, CC by-nc 2.0

N’est-ce pas un éloge de la petitesse et de la faiblesse ?

Joyeux Noël à toutes les familles !

PS. le daman est un petit herbivore ressemblant à un rongeur, mais zoologiquement apparenté à l’éléphant.

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