Rebâtir après la crise

Il est, dans la Bible et surtout dans l’Ancien testament, des textes qui demandent un certain effort pour en faire une lecture actuelle. En voici un qui va pourtant s’avérer bien approprié par rapport à ce que nous vivons.

La première année de Cyrus, roi de Perse, afin que s’accomplît la parole de l’Éternel prononcée par la bouche de Jérémie, l’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume :

Ainsi parle Cyrus, roi des Perses : L’Éternel, le Dieu des cieux, m’a donné tous les royaumes de la terre, et il m’a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda.

Qui d’entre vous est de son peuple ? Que son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem en Juda et bâtisse la maison de l’Éternel, le Dieu d’Israël! C’est le Dieu qui est à Jérusalem.

Dans tout lieu où séjournent des restes du peuple de l’Éternel, les gens du lieu leur donneront de l’argent, de l’or, des effets, et du bétail, avec des offrandes volontaires pour la maison de Dieu qui est à Jérusalem.

Les chefs de famille de Juda et de Benjamin, les sacrificateurs et les Lévites, tous ceux dont Dieu réveilla l’esprit, se levèrent pour aller bâtir la maison de l’Éternel à Jérusalem.

Esdras 1:1-5
Un bouquet d'herbe et de fleurs sur un mur de rocaille
« Bouquet de mur » @Robert Cabane

C’est donc l’histoire d’un peuple éloigné de sa terre et dispersé, qui a vécu un certain temps privé de ses traditions et au contact d’autres cultures. Et soudain il est question de revenir. Mais peut-on vraiment reprendre ses occupations au point où on les avait laissées, comme si on n’était pas parti, comme si on n’avait pas été confiné ? La vie « comme avant », le « bon vieux temps », est-ce que ça marche ?

Les livres d’Esdras (Ezra) et Néhémie nous montrent que non : il y a non seulement des résistances mais aussi des habitudes prises qu’il va falloir mettre en question (comme l’usage intensif des réseaux sociaux). Ces livres sont évidemment écrits du point de vue des organisateurs, mais en les lisant on perçoit bien les tensions.

« Rebâtir le temple », c’est bien sûr réparer, ravaler, transformer et embellir (ce que nous faisons réellement ces mois-ci sur nos temples et presbytères) mais aussi  « réinventer » une vie communautaire avant de former de nouveaux projets. Peut-être avons-nous négligé la vie spirituelle pendant cette longue crise, ou l’avons-nous uniquement vécue de manière individuelle ?

« Rebâtir le temple » c’est donc retrouver la joie de louer Dieu tous ensemble (sans négliger quelques mesures sanitaires), aller vers une communion avec les autres membres de notre Église alors que certains sont morts et d’autres partis. C’est aussi parvenir à dépasser nos divergences, ce à quoi le Christ nous appelle évidemment.

Robert Cabane
Président du Conseil Presbytéral de l’Église Protestante Unie de Bordeaux

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