Le petit garçon qui voulait tout savoir sur tout !

Conte de Noël

raconté le dimanche 12 décembre 2021 par le pasteur Nina Liberman lors de la fête de Noël au temple de la Rive-droite 

Il était une fois, un petit garçon très curieux. Un petit garçon qui voulait tout savoir sur tout !

Il vivait dans un village au fond d’une petite vallée étroite, où même un petit torrent avait du mal à passer.

Ses parents, ses grands-parents habitaient là depuis de nombreuses générations et tout le monde attendait de lui qu’il reprenne un jour la ferme où tout le monde était né et où l’on produisait le fromage qui faisait la fierté de toute la famille. On attendait de lui qu’il garde les moutons.

Cela pesait sur le petit garçon parce que lui ce qui l’intéressait c’était de découvrir le monde et surtout dans son cœur, une question revenait sans cesse : qui était Dieu ?!? A quoi pouvait-il servir ?? Souvent quand il regardait le ciel, il se demandait si les nuages n’étaient pas en réalité la grande cape de Dieu qui recouvrait la terre. Mais il n’en était pas sûr du tout…

Bien sûr de temps en temps il allait au temple avec son arrière-grand-mère et là-bas, il entendait bien que l’on parlait de Dieu mais quand il ressortait du temple alors là, il ne lui restait plus rien. Il avait beau se creuser la tête il n’en savait pas plus.

Plus les années passaient et plus les questions revenaient sans cesse et les questions qu’il se posait été de plus en plus compliquées : comment Dieu a-t-il pu créer le ciel et la terre ? pourquoi a-t-il créer les êtres humains ? Pourquoi avait-il créé le loup dont il avait si peur et qui parfois venait croquer une brebis ?  Et surtout avant Dieu qui avait créé Dieu ??!

Sa décision était prise il fallait qu’il parte étudier dans une école spécialisée.

Après beaucoup de discussions ses parents acceptèrent. Bien sûr ils étaient un peu déçus que la fabrication des fromages, dont on connait toutes les étapes et les mystères, ne satisfasse pas entièrement leur fils. Mais ils acceptèrent de bon cœur et lui donnèrent toute leur confiance pour réussir dans son entreprise. Après tout, eux aussi seraient bien contents d’avoir quelques réponses….

Et voici que notre petit garçon qui avait bien grandi partît dans la nuit et dans la neige pour rejoindre le train qui l’amènerait à l’école de la connaissance de Dieu.

Sur sa route les moutons vinrent le saluer et dans le lointain il entendait les chants réconfortants du temple car c’était aussi la nuit de Noël.

Cela fait maintenant plusieurs mois que notre ami est l’école de la connaissance de Dieu.

Il travaille dur notre ami. Les maîtres et les maîtresses savent beaucoup de choses, ils sont extrêmement savants. Pour percer les secrets de Dieu, ils lui ont dit qu’il doit apprendre de nouveaux alphabets ! Alors il s’est mis au travail.

Mais que c’est difficile de retenir tout cela. Jugez-en par vous-mêmes :

Ici le Tav, ici le gamma ….

C’est pas facile d’apprendre tout cela. Et une fois que l’on l’a appris, il faut encore pouvoir former des mots, des phrases, des paragraphes !!! Traduire les textes.

Pour notre ami, tout cela n’était pas satisfaisant, et même cela le troublait beaucoup. Car quand il rentrerait chez lui, comment pourrait-il partager ses découvertes avec sa famille ? Ni son père, ni sa mère n’auraient le temps d’apprendre tout cela !

Les jours et le mois passèrent ainsi dans l’école de la connaissance de Dieu, des jours d’étude et d’apprentissage. Les saisons défilèrent. Quand un matin, la directrice de l’école vint trouver notre ami : il avait reçu une lettre !

C’était son papa et sa maman qui espéraient bien qu’il serait de retour à temps pour fêter Noël avec eux.

Notre ami était bien embêté, car oui maintenant qu’il avait cette lettre dans les mains tout lui revenait à la mémoire : la ferme, l’odeur du lait fraîchement tiré, les pâturages et bien sur le son des cloches de ses amis les moutons. Combien il aimerait les voir, serrer papa et maman dans ses bras… mais que leur dirait-il ? lui qui était parti pour trouver Dieu, les privant de son aide, de sa présence, et qui en fin de compte n’en savait pas beaucoup plus qu’auparavant ?

Il devait encore rester à l’école et étudier encore et encore ! Tant pis  pour cette année il passerait Noël loin de sa famille. Il ne rentrerait que lorsqu’il aurait de vraies réponses à apporter à ses parents.

Et il se remit au travail : alef, beth, guimel, bereshit… il repassait tous ces mots dans sa tête mais dans son cœur il était bien triste. Quel Noël allait-il passer tout seul loin des siens. Il était parti depuis un an plein d’élan et d’espérance et maintenant il était coincé là parce qu’il avait en quelque sorte échoué. Il n’        avait pas trouvé ce qu’il cherchait.

Mais la veille de la nuit de Noël, il fit un rêve très fort, très intense, dans lequel il lui sembla entendre les cloches des moutons et une voix grave et sérieuse qui lui disait : « rentre chez toi, petit, tes parents t’attendent, dépêche-toi » !

Au réveil il se dit que cette voix avait surement raison, il rentrerait ! Ah oui et rien ne pourrait l’en empêcher, et même il allait se dépêcher de le faire. Car, oui, il fallait qu’il se dépêche s’il ne voulait pas arriver trop tard. Et ni une ni deux, il mit quelques affaires dans son balluchon et il partit sans même prendre le temps de fermer la porte derrière lui.

Ah mais le chemin était long… Et quand il arriva enfin en bas de la vallée, il faisait déjà nuit ! Il allait falloir qu’il remonte vers la ferme dans le noir et dans le froid, et si il croisait des loups ? La peur au ventre il mit un pied devant l’autre, s’enfonçant dans la neige. Il avança comme cela pendant plusieurs minutes qui lui parurent une éternité.

Il avait froid et peur quand soudain, il vit une silhouette qui tenait dans sa main une bougie s’approcher de lui. Dès qu’il vit la lumière notre ami se sentit déjà mieux. La personne s’approchait de plus en plus de lui et bientôt leur regard se croisèrent et notre ami lui dit « bonjour, mais qui es-tu ? »

« Je suis un berger, je suis sorti dans la nuit car des brebis se sont perdues. Elles sont seules et les loups rodent je vais donc à leur rencontre pour les ramener à la bergerie où elles seront en sécurité » Le petit garçon lui répondit : « tu es un bon berger et je suis si content de croiser ta route car moi aussi je suis effrayé sur ce chemin sombre ». Le berger lui tendit alors sa bougie et lui dit : « la lumière luit toujours au milieu des ténèbres, plus il fait sombre, plus elle brille. Prends cette bougie, elle éclairera ta route et elle éloignera les loups jusqu’à ce que tu retrouves les tiens, sois confiant, tu es sur le bon chemin, il ne t’arrivera rien ».

Ainsi notre petit ami reprit la route non sans avoir chaleureusement remercié son berger. Quand il arriva chez lui, il entendit des cloches, et il se sentit si heureux : les brebis avaient été retrouvées et lui allait retrouver sa famille son foyer. Quelle fête ce fut pour tous ! Même l’arrière-grand-mère se mit à danser et à chanter des cantiques. Quel beau Noël c’était !

Enfin quand ces parents lui demandèrent « qu’as-tu découvert lors de ton voyage » notre ami leur répondit :

J’ai croisé un berger qui m’a fait plus de bien que tous les livres que j’ai lu. Il m’a donné une lumière pour éclairer ma route et éloigner les loups. Ah bon lui dirent ses parents, mais comment s’appelait-il ?

L’enfant répondit : je ne sais pas mais quand je me suis retourné, j’ai vu qu’il portait une grande cape blanche qui flottait dans l’air comme des nuages dans le ciel.

Partager