Comment croire malgré le silence de Dieu

Prédication de Mustapha Aliouat, prédicateur laïc, du 26 septembre 2021 au Temple de Talence.

Lecture

« J’ai entendu…et mes entrailles sont émues. A cette voix, mes lèvres frémissent, mes os se consument, et mes genoux chancellent : en silence je dois attendre le jour de la détresse, le jour où l’oppresseur marchera contre le peuple.
Car le figuier ne produira rien, le fruit de l’olivier manquera, les champs ne donneront pas de nourriture, les brebis disparaîtront du pâturage, et il n’y aura plus de bœufs dans les étables.
Toutefois, je veux me réjouir en l’Éternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut.
L’Éternel, le Seigneur, est ma force, il rend mes pieds semblables à ceux des biches.
Et il me fait marcher sur mes lieux élevés. »

Habakuk 3 : 16 – 19

Climat, Covid, Kaboul…, attentats, crises climatiques, endettement… ses noms et ses maux
ont tourné en boucle sur nos téléviseurs et nos radios durant tout l’été !

Malgré 26 siècles d’écarts notre situation ressemble étrangement à celle de Habakuk !
Situation de crises
morale, spirituelle, économique et politique.

« Jusqu’à quand, ô Éternel ?…J’ai crié, et tu n’écoutes pas !
J’ai crié vers toi à la violence, et tu ne secours pas !… »

Habakuk 1 : 2

Face à la méchanceté et à la violence qui explosaient partout, Habakuk, prophète de Juda de la Tribu des Lévites, était révolté contre le silence de Dieu (chap. 1 : 1). Révolté contre le manque de réaction de Dieu qui permettait aux Chaldéens de tuer son peuple et ses prêtres,
de fouler le sanctuaire, le lieu trois fois saints, sans que le Très Haut n’intervienne. 

Replay de la prédication du 26 septembre 2021 sur YouTube

Nous voici sur le même terrain psychologique et spirituel, que notre prophète.
Ses entrailles, ses lèvres, ses os et ses genoux sont touchés par la souffrance morale et spirituelle de son peuple. Il psychosomatisait !

Nous savons aujourd’hui que le stress, les tensions et les soucis sont la cause de beaucoup de maladies ; dépression, cancer, allergies, ulcères.

Lui, le prophète de Dieu, connaît la douleur, le découragement et la crainte. Son présent est chargé d’épreuves, son futur ne présage rien de bon.

On pense souvent que les serviteurs de Dieu, les hommes fidèles, souffrent moins que le commun des mortels. C’est faux !

L’homme de Dieu, comme l’artiste, comme l’amoureux, comme le parent souffrant de l’absence de son enfant, souffre deux fois plus. Parce que plus sensible et plus aimant. Celui qui aime souffre plus que celui qui est indifférent.

Pauvre Habakuk, dont le nom peut signifier embrasser, ou plante de jardin ! Cependant, ce qui est frappant chez cet homme de foi, c’est sa force morale !

Refuser l’abattement

Il refuse l’abattement. C’est dans cet adverbe « toutefois » qu’on la remarque. Refus du découragement, même si la situation est sombre. Quelle leçon admirable de foi, qu’il nous donne !

Oui la vraie foi, celle qui est le produit du St Esprit (et non du fanatisme), est une force capable d’éteindre tout découragement, mais aussi le mal sous toutes ses formes, haine, violence, immoralité… La foi, don du St Esprit, est une source de force mentale, d’espérance et même de joie !

Notre prophète a une volonté de fer. Alors que tout est sombre autour de lui, il prend la décision de se réjouir en l’Éternel ! Il aurait pu dire comme Voltaire :

« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé ».

Voltaire

Pour oublier soucis, souffrances et angoisses, pour échapper quelques instants à un quotidien anxiogène, bien des personnes fuient dans l’alcool, la drogue ou les aventures sexuelles, afin de vivre un peu de paix et de plaisirs artificiels.
Mais les plaisirs évanescents produisent rarement une paix profonde et un bonheur durable.  

Habakuk était-il déraisonnable ?

Il y a 80 ans, Charles de Gaulle était déraisonnable. Il a refusé la défaite et l’humiliation de son pays. Oui, les grands hommes paraissent toujours déraisonnables aux communs des mortels.
Mais c’est l’avenir qui leur donne raison.

Non Habakuk n’était pas déraisonnable ! Son attitude était la plus réaliste, la plus spirituelle.
Car l’important ce n’est ni le monde, ni même notre petite personne, mais l’Éternel !
Tant que l’Éternel est vivant, alors il y a de l’espoir. Il reste une chance pour la vie, pour la justice, pour la vérité. C’est en lui que nous pouvons être ressourcé, renouvelé, reformaté positivement. Le « je veux » de Habakuk repose sur cette certitude, l’Éternel est vivant !

Un homme de dos se tient devant une mer calme regardant le spectacle du coucher de soleil
@Pixabay

Tout est possible

Alors tout est possible pour toi, pour moi ! Pour notre pays, pour notre monde !

Sa foi est inébranlable ? La nôtre peut le devenir aussi, la foi en Dieu, bien sûr. Pas en l’homme roseau, pensant, se croyant le dieu de l’Univers. Celui-ci, malgré la puissance qu’il a accumulée, est frappé d’impuissance. Impuissance à créer par le savoir technologique et économique le bien-être et la concorde, malgré ses sentiments et sa sensibilité. Hélas, mille fois hélas !

La Paix perpétuelle d’Emmanuel Kant en 1795 n’est dans la politique d’aucun pays,
dans la bouche d’aucun dirigeant, dans le programme d’aucun parti. Hélas, mille fois hélas !  

A notre tour, prenons l’engagement comme Habakuk de nous réjouir en Christ, notre Sauveur, pour cette nouvelle rentrée.

Nous gagnerons et nous perdrons, nous connaîtrons des joies mais aussi des déceptions.
Et alors ? Est-ce si important ? Le plus important, c’est que l’Éternel nous aime. Plus que mon père, ma mère, mon conjoint, mon meilleur ami.

Le plus important, c’est que son nom soit encore sanctifié et que sa volonté soit faite dans notre vie.

Habakuk ne sautait pas, ne criait pas sa joie.
Il vivait la joie de l’Éternel dans le calme et le repos avec une assurance tranquille.

Comme lui nous retrouverons l’agilité spirituelle et morale, voir physique. On marchera avec la joie de l’Éternel sur des lieux élevés. Avec la force de l’Éternel nous serons conquérants. Les montagnes ne nous feront pas peur. Nous réapprendrons la victoire.

Dieu nous a doté de la volonté, utilisons-la. De nobles sentiments, exprimons-les. De belles sensibilités, diffusons-les. Au nom de l’Éternel, « toutefois, je veux me réjouir ». Je veux être optimiste !

Un autre grand serviteur de Dieu nous encourage, du fond d’une prison, à nous réjouir,
l’apôtre Paul :

« Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien… »

Philippiens 4 : 4

« Car qui est Dieu, si ce n’est l’Éternel ? Et qui est un rocher, si ce n’est notre Dieu ?
C’est Dieu qui me ceint de force, et qui me conduit dans la voie droite. Il rend mes pieds semblables à ceux des biches, et il me place sur mes lieux élevés. »

Psaume 18 : 32 – 34

Nous pouvons dès maintenant élever à Dieu la même prière que celle du roi David :

« Conduis-moi sur le rocher que je ne puis atteindre !
 Car tu es pour moi un refuge, une tour forte, en face de l’ennemi (adversité). »

Psaume 61 : 3

Notre rocher, c’est le Christ ; notre refuge, c’est le Christ ; notre haute tour, c’est le Christ. Qu’avons-nous à craindre ?

« Je ne veux pas prier d’être protégé des dangers, mais de pouvoir les affronter. »
Rabindranath Tagore

Pour vivre notre foi victorieusement dans un monde en crise, inspirons-nous de l’exemple de Habakuk qui était choisi par l’Éternel pour être un prophète pour des temps de crises.

Nous ne sommes pas appelés à une Révolution, mais à une Résolution.

« Il donne la force à celui qui est fatigué, et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance…Mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles ; ils courent, et ne se lassent point, ils marchent, et ne se fatiguent point »

Ésaïe 40 : 29 – 31

Alors

« Ne crains rien Sion, que tes mains ne s’affaiblissent pas ! L’Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve ; Il fera de toi sa plus grande joie ; il gardera le silence dans son amour… »

Sophonie 3 : 17

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